La Chronique de Sandrine Connault : L'importance de la Mémoire.



A quelques jours des cérémonies passées qui ont commémoré les 100 ans de la signature de l'armistice de la 1ère Guerre Mondiale, il peut être intéressant de nous interroger sur la Mémoire.

De nombreuses lettres des poilus rendues publiques font le lien entre l'histoire et l'humain. Ce quotidien des soldats au fond des tranchées, sur le front, combattants, blessés, raconté au coeur de l'horreur, touche au plus profond chaque être. C'est un grand-père, un arrière grand-oncle, un cousin, c'est pour beaucoup, finalement, un membre de la famille qui a écrit l'Histoire et son histoire.

Ainsi, si celle écrite avec un grand H, est remise sur le devant de la scène lors des commémorations, celle plus intime des familles, se raconte à voix basse, ou reste dans le silence, car ceux qui en sont revenus ont  cette pudeur extrême qui mène au mutisme. Curieusement, il faut que les générations grandissent pour s'y intéresser, se poser des questions, et prendre conscience de son importance. L'Histoire d'un pays, c'est aussi les histoires des hommes, des femmes, des familles qui l'ont écrite individuellement et collectivement. Pourtant, quand le moment des questions est là, il est trop tard. Les anciens sont partis retrouver leur camarade de front. Les mémoires vivantes se sont éteintes, et notre intérêt tardif se trouve privé de réponses.

Quel dommage ! Il y avait tellement à apprendre, tellement à découvrir, tellement à comprendre. Les événements influencent l'avenir des individus. La mort d'un aïeul sur le champs de bataille peut avoir changer toute une histoire, tant au niveau de sa famille qu'au sein d'un village, d'un commerce, d'une entreprise. Il n'existe pas de mort sans conséquence. De même, le retour d'un aïeul, qui a connu la guerre, ancien prisonnier ou pas, c'est le retour d'un homme différent, marqué par une gueule cassée ou/et un esprit torturé. Chacun de ses actes, chacune de ses décisions seront gouvernées par des peurs, des images, des expériences. 

Cette conscience des histoires familiales au sein de l'Histoire est une sorte de garde-fou social. C'est à travers l'origine, c'est parce qu'il sait d'où il vient et pourquoi, qu'un individu peut mesurer la chance de son existence. La force de la mémoire est là. 

Alors, prenons soin de nos anciens et sachons les écouter avant l'irréversible demain. 

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